spaghetti

LA NOURRITURE EST CULTURE

Il y a quelque jour, j’étais en commissions pour trouver quelque chose à préparer  pour le repas du soir avec mes amis. Comme souvent c’est le cas, je n’avais pas une idée bien précise au départ.

Apres quelque tour, j’ai finalement opté pour des fruits de mer et du saumon: les fruits de mers étaient encore vivants et la peau du saumon scintillait.

Arrivé  à la maison  j’ai décidé de me réserver les fruits de mer pour le lendemain en me disant qu’avec quelques précautions  j’arriverais à en garder la fraicheur. Je n’avais encore pas d’idée de comment préparer  le poisson pour le soir. Je cherchais des inspirations dans le frigo et les armoires de ma cuisine quand un paquet de spaghetti a attiré mon attention. La surface des pâtes, assez mat, présentait une patine blanche qui leur donnait une belle allure.

Sur l’emballage le chiffre 9 me renvoyait  au sud de l’Italie et plus précisément à la « Smorfia » napolitaine, une sorte d’ almanach  qui  entre vie de tous les jours, magie, croyance et sexe présente des images avec leur chiffre correspondant. Apres avoir interprété le rêve, les napolitains le traduisent en chiffres et jouent les numéros au Lotto, ainsi le rêve se retrouve prolongé, sous une autre forme, dans leur vie quotidienne histoire de continuer à rêver.

Le verre de vin à la main, la belle journée de soleil, le sens et non-sens des rêves napolitains qui avaient envahi mon imaginaire et  ma belle et séduisante nourriture allongée sur le plan de travail  ont sans doute contribué à me faire plonger dans un état à connotation épicurienne.

C’est vers midi que mes sens m’ont suggéré de jouer le 9 ; pour ne pas prendre la chose trop à la légère j’ ai demandé conseil à mon cœur qui lui m’ a répondu : Carpe Diem.

C’est en criant comme un débile, « Les jeux sont faits… Rien ne va plus…9 noir…impaire… » que je me suis préparé des spaghetti aux fruits de mer aux accents du sud.

Pendant que je consommais mon repas, simple, sain, pas cher mais inspiré, je ressentais à partir de  ma bouche et avec une certaine linéarité, la nourriture descendre et les émotions monter au cerveau, une belle sensation.

Finalement pour le soir j’avais décidé d’utiliser le peu de fruits de mer qui restaient pour les préparer avec le saumon au moyen d’une cuisson en papillotes, mon but était de surprendre les sens de mes invités en utilisant le parfum des produits méditerranéens. Seule difficulté la présence d’aliments qui demandaient un temps de cuisson différent, mais pour ça j’avais une stratégie.

Imaginez, une sorte de paquet en aluminium froid et impersonnelle qui arrive à table, on ne voit rien, on sent rien, tout le monde continue à parler, on a l’ impression que personne le remarque, vous ne donnez pas d’ indications sur le contenu,  la curiosité pousse les gens à l’ ouvrir,  dès qu’ on ouvre un peu l’ emballage le parfum qui était auparavant hermétiquement compressé dans la feuille d’ aluminium se dégage, il séduise, nous sommes encore au stade ou en ne voit pas le contenu mais on l’ aime déjà, c’ est presque de l’ érotisme, c’ est presque une promesse. Une fois déshabillée les couleurs et le parfum nous invitent  à le porté en bouche et s’il y a silence et des yeux qui se ferment c’est que c’est bon.

La Nourriture, va au-delà de l’impératif purement biologique, elle est culture, elle est toujours liée à des lieux et à des traditions. Pour moi les choses plus importantes aujourd’hui sont : la provenance, comme et dans quelles conditions cette nourriture a été fabriquée, qui l’a fabriquée et sur tout le territoire  culturel et humain qui se cache derrière. Sans ces éléments parler de bonne nourriture, bonne table, bonne cuisine n’a pas de sens.

La qualité d’un repas est donné par la fréquence et l’intensité des sensations qu’il procure, plus le parcours de ses produits est sain et linéaire plus la sensation sera forte. Enfin…je crois.

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